Feelgood féminin : 10 films

Les temps sont durs. Et quand ils le sont, il y a un remède miracle, magique, qui fait s’agiter des photons sur de la toile, dans des salles obscures où le silence est de mise. Malheureusement, les cinémas en France, n’ouvriront pas de si belles. Faut il rester moral en berne ? Voilà un top de dix films à regarder chez soi, après le couvre-feu, pour tenter de sourire un peu en attendant des jours plus heureux.

10 – Mes copines de Sylvie Ayme (2006)

Parce qu’on a besoin de comédies légères, niaises, barrées, un peu inclassables, je me vois obligée d’évoquer Mes copines. Les toutes jeunes SoKo, Léa Seydoux, Djena Tsimba et Anne-Sophie Franck cherchent à tout prix à avoir un orgasme pour gagner une compétition de danse inter-lycées. Oui, c’est ça l’histoire. Et on y croise Rossy De Palma en maman conservatrice bornée, des préceptes nietzschéens, un cunnilingus catastrophique et des premiers éveils lesbiens.

Mes copines de Sylvie Ayme (2006)

9 – The Runaways de Flora Sigismondi (2010)

Apprendre à éviter les canettes volantes, pisser sur les guitares des mecs, poser en sous-vêtements dans son jardin, et sentir l’amour naître. Voici l’histoire des Runaways, ou plus particulièrement des liens qui se sont établis entre Joan Jett et Cherie Currie, respectivement interprétées par Kristen Stewart et Dakota Fanning, dont on salue les performances. Ici, Flora Sigismondi rend hommage à l’un des plus grands girls band de tous les temps, et forcément ça bouge, c’est rock’n’roll, on veut remercier Joan Jett pour tout ce qu’elle nous a apporté, et se déhancher follement sur Cherry Bomb et Bad Reputation.

The Runaways de Flora Sigismondi (2010)

8 – Bye Bye Blondie de Virginie Despentes (2011)

Nancy, années 80. Gloria, adolescente punk est internée en psychiatrie où elle fait la connaissance de Frances, skinhead de bonne famille. La passion amoureuse les saisi pour un amour d’été inoubliable. 20 ans plus tard, Gloria, toujours aussi punk n’a pas quitté sa province lorraine, tandis que Frances est une star de la télévision. Elles se recroisent. Virginie Despentes adapte là son propre roman, dans une œuvre extrêmement touchante sur la jeunesse et les premiers émois, sublimée par un quatuor d’actrices toutes plus merveilleuses les unes que les autres, SoKo et Béatrice Dalle se partagent le rôle de Gloria, Emmanuelle Béart et Clara Ponsot sont Frances. Le tout est magnifié par une bande son pointue : les Béruriers Noirs, Jad Wio, Siouxsie Sioux, La Souris Déglinguée, Lydia Lunch, et une incroyable reprise a capella de Babylon is Burning par SoKo elle même.

Bye Bye Blondie de Virginie Despentes (2011)

7 – Les cent et une nuits de Simon Cinéma d’Agnès Varda (1995)

On oublie assez rapidement l’intrigue des Cents et une nuits de Simon Cinéma. Un acteur monument du cinéma, quasi centenaire, interprété par un véritable monument qui n’est autre que Michel Piccoli, embauche la jeune Julie Gayet pour l’aider à raviver sa mémoire qui flanche. Celle-ci complote en réalité avec son petit ami pour toucher la fortune du vieil homme en embauchant un imposteur qu’ils font passer pour son unique héritier. Ce dont on se rappelle, c’est surtout de la pléthore d’acteurs et d’actrices, d’anecdotes et d’hommages au septième art qui pleuvent de toute part, on appelle un « ami italien » qui n’est autre que Mastroianni, on philosophe sur la mort en pouffant de rire avec Depardieu, on boit un verre avec Deneuve, on croise Bonnaire qui vagabonde dans le jardin. On savoure le bel hommage de Varda au cinéma, en attendant que rouvre ce dernier.

Les cent et une nuits de Simon Cinéma d’Agnès Varda

6 – Gazon maudit de Josiane Balasko (1995)

Laurent est un époux infidèle, et pendant qu’il délaisse son épouse au profit de ses jeunes secrétaires, la butch Marie-Jo, s’éprend de cette dernière. S’ensuit d’un triangle amoureux – qui devient même un quatuor – loufoque porté par Victoria Abril, Alain Chabat et Josiane Balasko, actrice et réalisatrice du métrage. Gazon Maudit est un mélange de situations cocasses, légères, drôle, doux comme leur été à Avignon, où l’on se caresse les cuisses sous la table du restaurant et on s’embrasse tendrement sous la Lune pleine. L’œuvre de Balasko saura à coup sûr donner du baume au cœur en ces temps de trouble.

Gazon maudit de Josiane Balasko (1995)

5 – Camille redouble de Noémie Lvovksy (2012)

Camille, quadragénaire, interprétée par la réalisatrice elle-même, est confrontée au naufrage de son mariage le jour de l’An. Ivre, elle s’évanouit lors du décompte final et se réveille à l’âge de 16 ans, avec la possibilité de peut-être, tout changer. L’histoire n’est pas sans nous rappeler le Peggy Sue s’est mariée de Coppola, en 1986, mais elle est portée par la douceur de Lvovksy qui s’attarde sur la magie de toutes les petites choses : la voix d’une maman, la cigarette après le sport, une chanson de Barbara, une part de galette des rois, le son d’un walkman. Le film est aussi drôle qu’il est doux, loin de vouloir réécrire l’histoire, apprend à la relativiser.

Camille redouble de Noémie Lvovsky (2012)

4 – Diabolo Menthe de Diane Kurys (1977)

Rentrée des classes pour Anne et Frédérique, treize et quinze ans, dans les années 1960, élevées par leur mère divorcée. L’œuvre de Kurys s’appréhende comme une tranche de vie, autant qu’un témoignage d’une époque et d’un âge. On en vient à être nostalgique d’un temps qu’on a pas connus, bercées par les transistors et la voix d’Yves Simon – et bonus, le titre phare de l’œuvre a même été repris par SoKo. Le portrait est tendre, ce n’est pas seulement le début des émois, mais des fantasmes, des mensonges et de la ruse, de la naissances des idées politiques et des premières cigarettes. Plus d’une personne saura se voir dans Diabolo Menthe, et ce même un demi siècle plus tard.

Diabolo Menthe de Diane Kurys (1977)

3 – Les quatre filles du Dr. March de Greta Gerwig (2019)

L’histoire on la connaît toutes, on en a été bassinées par les milliers de téléfilms, dessin-animés, réadaptations en tout genre. Destin croisé de quatre sœurs sous la Guerre de Sécession, chacune bien différente de l’autre. Joséphine est une rebelle, parfois rattrapée par les injonctions sociales, Meg est terre à terre, Amy la toute dernière est une artiste mue par le romantisme, et Beth est discrète et généreuse. On sait apprécier la délicatesse de Greta Gerwig et de ses actrices prodigieuses pour une relecture actuelle et chaleureuse de roman culte de Louie May Alcott, dans lequel l’on peut, un peu partout, trouver un peu de nous.

Les quatre filles du Dr. March de Greta Gerwig

2 – La vie ne me fait pas peur de Noémie Lvovsky (1999)

Emilie, Stella, Inès et Marion traversent les âges ensembles : les garçons dont on est folles à douze ans, les incantations magiques pour les séduire, le rattrapage du bac, la maladie d’un parent, les boulots ingrats, les amours d’étés, les fiançailles, les bagarres. Lvovsky s’est vraisemblablement inspirée de ses amitiés de longue dates pour réaliser cette œuvre pleine d’amour, et signe une ode aux liens sororaux, à la bienveillance et à la fougue de la jeunesse.

La vie ne me fait pas peur de Noémie Lvovsky (1999)

1 – Dyke Hard de Bitte Andersson (2015)

Dyke Hard, c’est une histoire lesbienne fantastique et nanardesque du rock’n’roll, le pendant féminin de John Waters. Les Dyke Hard sont un one hit wonder girls band qui tente de retrouver le devant de la scène, pendant que dans l’ombre, complotent leur détractrices. Le film de Bitte Andersson est feelgood autant qu’il est barré, porté par une bande-son, un scénario et une caméra incroyables qui nous rappelle le meilleur du pire des années 80.

Dyke Hard de Bitte Andersson (2015)

Alexane Nylon

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :